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  • : Ce blog se veut un lieu où partager au sujet des rêves et plus particulièrement des "grands rêves"... il se propose de recueillir ces derniers, d'en faire la collecte...Pour déposer un rêve, cliquez sur "contact" ci-dessous ou envoyez-le à undeuxtrois4@orange.fr Merci. ATTENTION : LE BLOG A DEMENAGE EN 2015
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Quelques précisions

Se pencher sur les "grands rêves"...drôle d'idée ? Pour quoi faire ? Pour se vanter d'avoir eu un rêve exceptionnel ? Non...surtout pas.

Mais plutôt pour retrouver parmi nous, gens soi-disant "civilisés" du 21 ème siècle, un peu de cette sagesse ancienne qui consiste à ne pas garder pour soi ce qui nous est "tombé du ciel" (ou du Soi)...

Chaque matin, les amérindiens commençaient leur journée en se racontant leurs rêves de la nuit...et ils avaient sans doute bien raison. Ils en tiraient de grands enseignements pour leur vie.

On dit qu'un rêve non recueilli, non interprété, est comme une lettre qu'on a reçue et qu'on n'a pas ouverte...Ouvrons donc ensemble notre "courrier" des profondeurs...et partageons les nouvelles !

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L'or des rêves

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Souviens-toi de tes rêves,

observe-les comme un territoire inconnu

car ils viennent des profondeurs de toi-même,

porteurs d'un conseil, d'un message

ou d'un avertissement.

.

Les rêves spirituels se distinguent

des rêves ordinaires

par l'intensité de leurs couleurs

et la force de l'émotion,

comme l'or se distingue du métal vulgaire.

Ils viennent dans un esprit

capable d'émerveillement,

qui regarde à l'intérieur de lui-même.

.

Sers-toi des rêves pour guérir, aimer

ou soulager ceux qui souffrent.

.

Sagesse amérindienne

.

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 12:42

 

pyramides de Gizeh

 

Il me semble que ce rêve parle d'un moment

où l'on arrive, après quelques efforts ou "études" (marches),

à élever un peu son point de vue (promontoire, promotion)

et à avoir une vue plus "globale"

de la situation dans laquelle on se trouve...

(ville inconnue)

 

Alors, le panorama qui se découvre est parfois "étonnant"...

Apercevoir des pyramides, ces monuments faisant partie

des plus grandes "merveilles du monde"...

cela n'a rien de banal...

 

(Le symbole de la pyramide a déjà été examiné

dans un article précédent : ICI ,  

et je vous invite  à vous y reporter...)

 

Comme le dit Hélène Renard

dans son "Dictionnaire des rêves",

"Sa base carrée repose solidement sur la terre

tandis que son sommet lui fait rejoindre le ciel :

la pyramide canalise, amplifie,

transmet les énergies cosmiques et solaires.

Elle permet aux hommes de se rapprocher des dieux.

Elle apparaît dans les grands rêves initiatiques,

ceux qui délivrent au rêveur un enseignement sur sa vie."

 

Il s'agit là de retrouver le "lien entre la terre et le ciel",

lien qui nous relie à "ce qui ne passe pas", au Soi, à "l'éternel"

(cf conception égyptienne de l'au-delà),

et qui nous appelle à la transformation et à la régénération...

pour aller un peu plus vers "soi-même"..

 

Ceci est d'ailleurs encore "répété" par l'image des trois petites pyramides

sur une grande allée verte , qui évoquent une croissance en vue,

un "printemps" de l'âme et un chemin vers la totalité de l'être.

(Mars : mois du printemps,

"Trois" : trinité indissoluble  corps-âme-esprit)

 

Ce serait donc cette "intuition de renouveau spirituel"

que la rêveuse essaie de "fixer" en prenant des photos...

mais elle est gênée, dans son action,

par les "touristes" qui l'entourent...

c'est-à-dire par le mouvement un peu superficiel 

de ce qui - en elle et en nous - ne prend pas le temps

de s'attarder à la signification profonde

de ce qui est perçu...

 

La fin du rêve annonce clairement

que ce "renouveau en profondeur",

cette évolution, cette "initiation" en vue...

ne se fera pas sans douleur et sans "sacrifice":

il faudra, pour y parvenir, accepter de "lâcher"  l'ancien

ce à quoi on "s'accrochait", nos "affaires", nos "vêtements",

la "valise  du passé"...

démarche qu'on effectue rarement, il est vrai, de gaieté de coeur...

 

Mais le rêve indique aussi, en filigrane,

que c'est le "bon moment", le moment propice

(Le Caire : Kairos) pour oser le faire...

pour quitter l'ancienne "définition"...

l'"identité périmée"...

 

Je crois donc, au final,

 que ce grand symbole de la pyramide...et ce "grand rêve"...

convie la rêveuse (et nous avec elle ?)

à traverser ce moment actuel et critique de "mort-renaissance" (*)

 ce passage qui, étant un grand "saut dans l'inconnu" ...

se fait ...sans bagage.

.

La Licorne

.

P-S : ...ce que certains appellent la "crise"...

crise profonde qui nous touche à la fois personnellement...

et collectivement, et qui oblige, chacun et chacune

d'entre nous à des "remises en question"...

.

 

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25 août 2014 1 25 /08 /août /2014 11:55

Ania Teillard

Ania Teillard

 

Voici une série de trois rêves ,

tirée du livre

"Le symbolisme du rêve" d'Ania Teillard.

.


      Ce sont les rêves d'une jeune femme, prénommée Claudine ; 

cette jeune femme est aux prises avec l'archétype de la Mère

et ceci, doublement, puisqu'elle-même mère d'une fillette de huit ans,

elle réside provisoirement chez sa mère,

mère qu'elle trouve "étroite et bornée"

et avec laquelle l'entente est difficile.

A plusieurs reprises, l'image de l'enfant apparaît dans ses rêves...

 

 enfant-aux-yeux-bleus--bebe.jpg

 

 

1) Rêve des signes du zodiaque


1ère partie : Exposition

Dans un hôtel modeste, je viens chercher le fils d'une amie, le petit Henri. La mère, qui voulait à tout prix avoir un enfant, l'a mis au monde après quatre fausses couches.

L'enfant me regarde avec de grands yeux bleus.

Je me dirige vers la forêt, le petit marche à côté de moi d'un air décidé. Sans aucune fatigue, il escalade la montagne. Je lui explique tout ce que nous voyons en cours de route et je prends à conter des histoires un plaisir que j'ignorais.

 

prendre un enfant par la main


L'enfant est un symbole du Soi, du Moi supérieur, récemment créé en elle.

Le motif de la mère ayant mis au monde un enfant après quatre fausses couches successives, indique la détermination de Claudine d'être "elle-même" malgré tous ses précédents insuccès. Les yeux bleus de l'enfant reflètent le caractère immatériel de l'enfant intérieur, le bleu étant la couleur de l'esprit -en réalité le petit Henri a les yeux marrons.

A propos de l'hôtel et de la forêt, Claudine fait le rapprochement suivant : "De l'hôtel, où il y a des étrangers, où je ne suis pas chez moi, je vais vers la liberté, dans la forêt."

La situation intérieure se modifie. La montagne que l'enfant escalade sans fatigue, indique l'élévation intérieure.

Du plaisir de conter, Claudine dit : "Mon ancien manque d'imagination est comblé par mille images."

Le conscient se rapproche de l'inconscient, il s'élargit et s'enrichit.


lac gelé soir


2ème partie : Péripéties

Au crépuscule, nous arrivons dans un sentier qui domine un petit lac.

Ce lac est recouvert d'une mince couche de glace, qui reflète vers nous sa clarté. Au-dessus du lac, dans le ciel, plus lumineux que toutes les étoiles, luisent les signes du zodiaque.

Je les montre à l'enfant et, stupéfaits, nous les voyons soudain se détacher et se rassembler sur la surface blanche du lac, chacun prenant la forme humaine ou animale qui lui correspond et tous ensemble faisant une ronde.

 

zodiaque

 

Comme toutes les eaux dormantes, le lac est une image de l'inconscient. Dans ce rêve il est recouvert d'une mince couche de glace, symbolisant la couche qui sépare le conscient de l'inconscient.

Les signes du Zodiaque descendent du ciel et se montrent tels qu'ils sont réellement, des images archétypiques des saisons et de la vie humaine, qui elle aussi, est comprise dans l'ordre cosmique.

La danse, comme la musique, en tant que donnée rythmique, est le symbole classique de l'acte de création. Que l'on pense à la danse du Dieu Shiva dans la mythologie hindoue, c'est en dansant que Shiva a créé le monde.

Ce rêve est une vision cosmique. La relation intense avec l'enfant, son Soi, remet la rêveuse dans l'ordre éternel des choses. Ainsi elle pénètre jusqu'au plus secret de la nature.

 

3ème partie : Dénouement

Entre-temps, tout s'assombrissait peu à peu et les formes zodiacales, telles des ombres, disparaissaient dans le lac. Le petit garçon aurait aimé savoir où elles étaient allées. Je lui racontai qu'elles étaient fatiguées et voulaient aller dormir dans leur lit, le lac.

L'enfant, lui aussi, avait sommeil : il se laissa volontiers mettre dans sa voiture et il dormait à poings fermés quand je le ramenai à la maison.

 

enfant endormi


Ce rêve est une illustration, simple et belle de l'apaisement de l'âme, du dénouement du conflit. Et, en fait, il laissa à la rêveuse un sentiment heureux de délivrance.


L'évolution de Claudine se poursuit. le rêve suivant reprend le motif de la couche de glace que nous venons de voir dans le rêve précédent.


2) Rêve du jardin enneigé

   

Je longe à nouveau un sentier dans un jardin. Loin derrière moi, marchent d'autres personnes. Le jardin est enfoui sous la neige. Subitement, je me retrouve prise sous une avalanche. Je m'étonne de pouvoir respirer quand même et je me demande si la chaleur de mon corps fera fondre la neige.

 

jardin-enneige.jpg

 

Au sujet de ce rêve, Claudine a elle-même constaté :

"Le jardin blanc est mon Moi conscient, froid et cérébral, dans lequel je serais engourdie si ma propre chaleur ne remportait la victoire et ne faisait fondre le froid."

Le jardin est, nous le savons, une image de la vie.

La promenade solitaire dans le sentier du jardin, montre une fois de plus l'isolement de la rêveuse.

Etant un type introverti, repliée sur elle-même, elle a de la peine à trouver un contact avec ceux qui l'entourent.


Le rêve suivant avait ému Claudine au plus haut point et la poursuivait des journées entières :

  

3) Rêve de l'enfant qui meurt de faim 

 

J'ai un petit enfant, un garçon. Un jour, je pense soudain à lui avec une profonde frayeur. Je l'avais mis dans son berceau, dans une pièce voisine, où se trouvent beaucoup d'objets mis au rebut, et je l(avis complètement oublié.

Je le cherche longtemps, sans le trouver, jusqu'à ce qu'une petite voix plaintive me mène au bon endroit.

Dans le berceau se trouve un être amaigri, semblable à un embryon. Saisie d'une grande honte et d'un profond repentir d'avoir laissé mon enfant mourir de faim, je pousse le berceau dans le salon.

berceau 1

 

Ma mère me fait remarquer ce que j'ai pu constater par moi-même, que l'enfant est à l'agonie. j'essaie désespérément de me souvenir avec quoi je l'ai nourri, mais en vain. l'enfant meurt.

Avant que je puisse parler de l'endroit où nous allons l'enterrer, ma mère l'a enveloppé dans un papier et le tient à la main , comme une coquille d'oeuf écrasée. Je commence à crier, à m'accuser d'avoir laissé mon fils mourir de faim.

En même temps, je vais dans une autre pièce et cherche à me souvenir de la réalité, souhaitant me rappeler que je n'ai pas porté cet enfant pendant neuf mois, et pense à ma fille, Gabrielle, que j'aime plus que tout au monde.

Plus j'extériorise ma douleur, plus ma mère s'agite. Elle se met devant moi, me pousse, défigurée par des grimaces, tout en exécutant une danse de sorcière et en gesticulant sauvagement.


mère sorcière

 

Le petit garçon est devenu maintenant le propre enfant de Claudine , ce n'est plus l'enfant d'une amie. Elle l'a oublié, c'est-à-dire refoulé. La pièce voisine, les objets mis au rebut, prouvent l'abandon; elle a écarté le développement intérieur, en même temps que d'autres contenus psychiques.

Claudine reconnaît aussi dans cet enfant son enfant spirituel, son "Soi", qu'elle a laissé sans nourriture, et, par moments, complètement oublié.

Dans les rêves l'enfant est un symbole qui se répète souvent, fruit du travail sur soi-même de l'humain en évolution intérieure.

Un enfant mourant de faim ou abandonné est une expression classique, qui montre que l'on a négligé son propre développement intérieur. L'enfant de ce rêve est représenté comme un être embryonnaire.

Claudine a négligé son enfant spirituel, avant que celui-ci fût formé complètement.


 enfant spirituel

 

Le berceau est un symbole du sein maternel et encore de l'âme. le sens de cette image est : tel l'enfant dans le berceau, le Soi repose dans notre âme. Claudine ne peut plus se rappeler la nourriture spirituelle qu'elle a donnée à son enfant : elle n'est plus en contact avec le travail analytique.

Claudine porte le deuil ardent de sa personnalité spirituelle perdue.

Mais que fait sa mère dans ce rêve ? Elle réagit à la mort de l'enfant en triomphant, avec un dédain brutal, et en exécutant une danse de sorcière.

D'abord elle enveloppe l'enfant dans un papier et le tient à la main, comme une coquille d'oeuf brisée; l'oeuf cosmique est une image universelle de ce qui est en évolution, de la vie en germe, du microcosme.

Des mythes sur l'Oeuf cosmique sont répandus aux Indes, en Grèce, en Finlande, en Amérique du Sud, ainsi que parmi les tribus africaines et en Polynésie.

L'Oeuf cosmique est souvent identifié avec le Soleil et la Lune.


loeuf-de-salavator-dali

 

Le comportement bizarre de la mère de Claudine nous amène à notre problème principal : l'Archétype de la Mère.

Considérons ce motif de rêve sous l'angle objectif et sur le plan subjectif.

Sur le plan objectif, le comportement de la mère de Claudine signifie qu'elle s'oppose à l'évolution psychique de  sa fille, évolution sentie inconsciemment, et qui met en danger sa position dominatrice vis-à-vis de sa fille. C'est pourquoi elle est contente lorsque l'enfant, symbole de sa croissance spirituelle, meurt.

Vu sur le plan subjectif, ce motif onirique a un sens psychologique plus profond encore. Il signifie que ce qui ressort de la Mère, dans l'âme de Claudine, est heureux de la mort de l'enfant spirituel.

Nous voyons ici une dissociation dans la psyché de Claudine, une séparation en deux tendances opposées : d'un côté elle tend à devenir une individualité indépendante (symbolisée par l'enfant), et d'un autre, elle est ensorcelée par le monde magique de sa propre enfance (représenté par la mère-sorcière.

Plus Claudine tend vers une évolution intérieure, plus elle est en deuil de son Moi supérieur négligé - plus le monde élémentaire des tendances affectives, symbolisé par la Mère, s'exprime d'une manière sauvage.

 

oeuf écrasé    

 

Claudine note à propos de ce rêve : 

"Longtemps, je fus torturée par l'idée que quelque chose de mort ne peut être à nouveau rendu à la vie. Je pensais qu'avec la mort de l'enfant spirituel, tout était fini, jusqu'à ce que mon mari me consolât en me disant que d'autres enfants pourraient naître.

Mais le rêve avait-il voulu m'indiquer que le début de mon évolution n'avait pas de valeur et que quelque chose de tout à fait nouveau devait être créé ? Probablement tout n'était pas encore mûr et état par là même apte à vivre.

J'avais compris une bonne partie des enseignements reçus au cours de l'analyse et ceux fournis par les rêves : je les avais reconnus valables et je les avais ensuite relégués dans un coin où ils sombrèrent dans l'oubli. (...)"

.

Ania Teillard

"Le symbolisme du rêve"

 

 


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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 17:23

      Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu.

Il nous faut naître par la chair et ensuite par l'âme.

Les deux naissances sont comme un arrachement.

La première jette le corps dans le monde, la seconde balance l'âme jusqu'au ciel.

Christian Bobin

"La plus que vive"


chrysalide papillon

 

"Naître, c'est seulement commencer à mourir", écrivait Théophile Gautier.


Archétypiquement, la naissance est associée à l'idée de mort et la mort à l'idée de naissance.

Dans les mythes et les contes folkloriques, pour indiquer qu'une naissance est de l'ordre du symbolisme psychique, il arrive que la divinité ou le héros vienne au monde de manière extra-ordinaire. 

C'est ainsi qu'Athéna sort toute armée du crâne de Zeus, que Bacchus sort de la cuisse de Jupiter, qu'Aphrodite naît de l'écume de la mer, que Mithra naît d'un rocher ou d'un arbre, que Jésus et Bouddha sont conçus de façon surnaturelle et que Gargantua sort de l'oreille gauche de Gargamelle...

naissance gargantua

 

Ces images figuratives soulignent qu'il existe deux catégories de naissance :

une première, d'ordre charnel, et une deuxième d'ordre psychologique,

qualifiée de "naissance spirituelle" ou "deuxième naissance".


Nous nous occuperons principalement,ici, de la naissance de l'enfant désigné sous le nom "d'enfant intérieur" ou "d'enfant spirituel", qui n'est mis au monde que "dans la douleur" après un long et pénible travail sur soi-même et, presque toujours, de manière imprévisible.

 

enfant-interieur

 

Le psychisme humain est pénétré de l'idée que ce qui est périmé, ce qui est pernicieux, ce qui est contraire à l'ordre des choses, doit mourir pour se régénérer. Et il semble bien que cette renaissance, impliquant la mort d'un passé révolu ou néfaste, concerne trois aspects principaux de la vie :


D'abord le renoncement de l'état quasi animal maintenu jusque-là par une identité primordiale inconsciente aux parents, état qui "oppose une résistance opiniâtre à toute vélléité de développement psychique et spirituel". C'est la nostalgie du "paradis perdu".


Puis les passages critiques de l'existence : de l'enfance à l'adolescence, de l'adolescence à l'âge adulte et de la première partie de la vie à la deuxième.


Enfin, le sacrifice, par la mort, d'un égocentrisme démesuré qui voudrait donner au moi la prérogative sur le Soi, alors que, en fait, c'est le moi qui est subordonné au Soi.


Le thème archétypique "mourir pour renaître" se retrouve partout et à toutes les époques dans les mythologies, religions, légendes...etc.


baptême

 

En voici quelques exemples :

- les déluges engloutissant un univers que l'on retrouve au début de toutes les grandes religions ;

- le baptême de l'eau que l'on retrouve dans de nombreuses religions et mystères initiatiques, et où généralement le "néophyte" reçoit un nouveau nom au bénéfice d'un deuxième couple parental, le parrain et la marraine...

- le baptême du feu (Matthieu III.11) qui semble parfaire et achever le baptême de l'eau, et qui n'est pas sans rappeler le bûcher d'Heraclès, le char de feu d'Elie et les rites d'incinération... 

- les rites d'initiation ou de consécration virile chez les primitifs, qui font de l'adolescent un quasi modo genitus, une sorte de nouveau-né...


image ici

initiation

 

- le meurtre après un premier épanouissement de la vie en vue d'une régénération : Rê, Osiris, Zagreus, Orphée, Balder, Adonis, Tammouz, etc...

- l'ensevelissement des morts accompagné d'un symbole de renaissance tel que le fait de placer des oeufs ou des coquillages dans les tombes, de ligoter le cadavre dans la position foetale...

  - la suspension à la croix (arbre de mort) ou à l'arbre (arbre de vie), tels le Christ qui ressucité, saint Pierre qui demande à être crucifié la tête en bas, ne voulant pas que le serviteur fût traité comme le maître ...

la délivrance d'une condamnation au supplice pour lutte contre les dieux tel Prométhée délivré par Heracles...

- les descentes aux enfers; les retraites et jeûnes purificateurs dans le désert...;


quête de vision

 

- le héros qui, tel Jonas dans la baleine, est englouti à l'ouest par un monstre marin (mort) et en sort régénéré à l'est (renaissance); l'ensevelissement dans du miel, symbole du Soi, comme le fut Glaucos, fils de Minos et Pasiphaé, qui, tout enfant, tombe dans une cuve de miel, meurt étouffé, mais est ressuscité par Esculape...

- les enlacements, les dispersements, les démembrements, les morcellements et tous les thèmes symbolisant la rentrée dans la mère, etc...


jonas

 

L'humanité tout entière est comme possédée- parfois jusqu'à l'obsession - par une pulsion instinctive qui veut qu'un passé jugé néfaste ou périmé doit disparaître (mort) pour faire place à une existence régénérée (renaissance). 

 

Peut-être même certains suicides relèvent d'une pulsion inconsciente à mourir afin de renaître.

 

Dans l'Evangile, Jésus dit à Nicodème : "En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d'en haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu." Nicodème dit : "Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ?"


En langage psychologique, nous dirons que, pour se réaliser, l'homme doit se "dépouiller" de l'hégémonie d'un ego aveugle qui s'illusionne sur lui-même en croyant dominer l'ensemble psychique alors qu'il ne règne que sur la seule zone consciente.


Cette "mort à soi-même" constitue la condition sine qua non pour assurer cette renaissance permettant d'atteindre la totalité de l'être, appelée "Christ" par Saint-Paul, "moi supérieur" par les hindous et "Soi" par Jung.


Dans les rêves :


(-) Tout songe présentant l'image d'une naissance désastreuse, telle que réduite à une hémorragie, à une fausse couche ou à la mise au monde d'un enfant anormal, avertit le rêveur que, jusqu'ici, ses facultés créatrices n'ont abouti qu'à des résultats funestes pour lui et, événtuellement, pour son entourage. Un tel rêve, très anxiogène, est grave et demande que l'analyse en détermine les causes et aide ce rêveur à rectifier sa vision des choses.


(+) Exceptionnellement, la fausse couche ou l'enfant mort-né témoigne de l'expulsion libératrice d'un élément improductif (à déterminer) qui contrariait l'activité créatrice du rêveur. L'affect ressenti dans un tel rêve décidera si le symbole est salutaire.


bebe-naissance-    

 

Cependant, le plus souvent, l'apparition dans les songes d'un bébé vigoureux et sain est l'indication, extrêmement positive, qu'un élément (à déterminer) totalement régénéré va désormais croître et se fortifier dans le psychisme du rêveur pour son plus grand bénéfice.


Mais, surtout, si l'enfant qui vient au monde est du même sexe que le rêveur, il est l'image même de cette deuxième naissance archétypique qui apparaît dans tous les mythes, religions, légendes et sociétés secrètes.


Bien entendu, une telle renaissance implique la mort des anciennes adaptations. A ce niveau, une telle naissance est l'expression du développement de la métamorphose psychique qui conduit vers l'individuation.


La naissance, dans les rêves, indique que la "connaissance de soi" a porté son fruit (l'enfant), gage d'une possibilité de réalisation de sa propre totalité psychique.

 
Mais on peut affirmer, de façon plus générale, qu'une évolution se déroulant de manière satisfaisante implique une succession de morts et de naissances, des masses entières d'attitudes périmées laissant la place, par une sorte de régénération, aux attitudes salutaires.

 

Jacques de la Rocheterie

"La symbologie des rêves" 

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 00:01

 

Dans le rêve 27 apparaissent des "cordes nouées" (à leur extrémité) qui pendent à un arbre...

J'aimerais revenir sur cette image qui me paraît très "riche". Et en particulier sur la symbolique des noeuds, car celle de la " corde" a déjà été abordée dans un article précédent.

 

noeuds-marins.jpg

 

Voilà ce qu'en dit le "Dictionnaire des symboles" de Chevalier-Gheerbrant :

 

"La corde relève, de façon générale, de la symbolique de l'ascension,

comme l'arbre, l’échelle, le fil d'araignée.

La corde représente le moyen, aussi bien que le désir, de l'ascension.

Nouée, elle symbolise toute forme de lien

et possède des vertus secrètes ou magiques."

 

Et aussi : 

"Dans les hiéroglyphes égyptiens,

la corde nouée désigne le nom d'un homme

ou l'existence distincte de l'individu :

c'est le symbole d'un courant de vie réfléchi sur lui-même

et se constituant en tant que "personne".

(Les cartouches égyptiens sont toujours

"fermés" par...un noeud.)

 

      cartouche-3.jpg

 

 A l'article "noeud", on trouve :

"Les significations du noeud sont fort diverses,

mais on retiendra surtout la notion de fixation dans un état déterminé,

de condensation ou, en terminologie bouddhique, d'agrégat

On parle de "noeud de l'action", de dénouement, de "noeud vital".

 

Le défaire correspond, soit à la crise ou à la mort,

soit à la solution et à la délivrance.

Ce qui fait apparaître aussitôt l'ambivalence du symbole,

car le noeud est contrainte, complication, complexe, entortillement.

Mais les noeuds sont, par la corde, reliés à leur Principe."

 

 

noeud corde 3

 

 

Je trouve vraiment intéressante l'idée que le fait d'être un "individu"

soit comparé, chez les égyptiens, à un "noeud sur une corde"...

(Jung parlait d'ailleurs de "complexe du Moi",

il disait que le Moi conscient était un "complexe"),

 et cela m'a amené à voir le rêve de Patricia sous un nouveau jour.

 

La personne, l'individu serait donc une sorte d'"agrégat psychologique",

qui paraît exister par lui-même, mais qui, en fait,

est toujours "au bout de la corde", donc toujours "relié".

Relié à quoi ?

A un Principe invisible..."en haut" ...au Ciel...

ou à une branche de "l'arbre" ...

 

arbre des âmes

 

Ainsi, on pourrait imaginer que les différents "individus"

sont en fait tous reliés à  un "même arbre" (*)

(Arbre du Monde ? Arbre de Vie ?

ou "Arbre sacré", "Arbre des âmes"

du genre de celui qu'on trouve dans le film "Avatar" ? )...

mais, qu'habituellement, ils ne perçoivent pas ce "lien"

(tout comme dans le rêve, on ne perçoit pas

la façon dont chaque corde est "attachée", on l'imagine seulement).

 

Et il y aurait dans ce rêve comme une invitation à "remonter" le fil...

à "retrouver" ce lien avec ce qui est en haut,

avec l' "origine céleste cachée"... ( le Soi ? la "Source" ?)

et en même temps, avec l'unité fondamentale des êtres.

 

avatar-arbre-de-vie-3.jpg

 

L'"être individuel" serait comme une émanation temporaire,

comme une "descente sur terre" ou "vers la terre" du Soi divin...

et il serait sans cesse "relié" , en "relation" avec lui, 

Chaque être serait , en permanence, "rattaché à l'infini"...

 

Finalement, au lieu d'essayer de "réaliser l'ascension "

il s'agit peut-être d'inverser notre point de vue sur ce que nous sommes, 

et de comprendre que , comme le disait Pierre Teilhard de Chardin :

« Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle,

nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »

 

Il s'agit moins "d'accéder au spirituel" par nos propres efforts d'élévation, 

que de réaliser que nous sommes déjà des êtres spirituels,

et que nous sommes déjà reliés entre nous et au divin...

et qu'il suffit peut-être juste de redécouvrir ce "lien" oublié...

 

Chaque corde est plus ou moins longue,

il y  en a de toutes sortes, de toutes "dimensions"

comme il existe toutes sortes d'individualités et de destins différents,

tous reliés au même "Principe de vie".

 

Et comme dans un instrument de musique (merci Amezeg !),

chaque corde, de longueur différente, émettrait sa "note" particulière...

 

harpe égypte

 

De plus, chaque corde est  blanche ...

ce qui fait penser à la "corde d'argent"

dont on dit qu'elle relie le corps et l'âme durant la vie.

Lors de la mort, la corde se rompt et l'âme s'élève, à nouveau libre...

C'est le "dénouement", le moment où le "noeud vital" se défait

et où l'âme se "détache" et retourne à la liberté .

 

On retrouve dans plusieurs traditions spirituelles,

cette notion de "défaire le noeud"...

Il existe par exemple, chez les catholiques, une prière

à " Marie qui défait les noeuds"

(qui résout les difficultés)

et dans les Upanishad, "défaire le noeud",

c'est atteindre à l'immortalité".

 

On pense aussi au "noeud d'Isis" ,

signe de vie, d'immortalité ...

mais évoquant aussi les "liens"

qui attachent l'être à la vie mortelle et terrestre.

 

 noeud d'isis tit

 

Marie, Isis...Eywa :

ce sont elles, les "déesses"

qui, tout comme les Parques,

s'occupent du "fil du destin"...

de la Vie et de la Mort.

      Et ce sont elles qui sont responsables

de la grande "toile" de la vie.

 

 Parques.jpg   

 

A l'appui de cette interprétation, jusque-là assez personnelle...

et un peu hasardeuse,

j'ai trouvé ce texte de René Guénon (**) 

 (traitant de  la symbolique des liens) :

 

"Dans un article récent , M. Mircea Eliade a parlé de l’« ambivalence » du symbolisme des liens et des noeuds, et c’est là un point qui mérite d’être examiné avec quelque attention ;

on peut naturellement y voir un cas particulier du double sens qui est très généralement inhérent aux symboles, mais encore faut-il se rendre compte de ce qui en justifie l’existence en ce qui concerne plus précisément ceux dont il s’agit ici.

Tout d’abord, il y a lieu de remarquer à cet égard qu’un lien peut être conçu comme ce qui enchaîne ou comme ce qui unit, et, même dans le langage ordinaire, le mot a également ces deux significations ; il y correspond, dans le symbolisme des liens, deux points de vue qu’on pourrait dire inverses l’un de l’autre, et, si le plus immédiatement apparent de ces deux points de vue est celui qui fait du lien une entrave, c’est qu’il est en somme celui de l’être manifesté comme tel, en tant qu’il se regarde comme « attaché » à certaines conditions spéciales d’existence et comme enfermé par elles dans les limites de son état contingent.

 

A ce même point de vue, le sens du noeud est comme un renforcement de celui du lien en général, puisque, comme nous le disions plus haut, le noeud représente plus proprement ce qui fixe l’être dans un état déterminé ; et la portion du lien par laquelle il est formé est, pourrait-on dire, tout ce que peut en voir cet être tant qu’il est incapable de sortir des bornes de cet état, la connexion que ce même lien établit avec les autres états lui échappant alors nécessairement.

 

L’autre point de vue peut être qualifié de véritablement universel, car il est celui qui embrasse la totalité des états, et il suffit, pour le comprendre de se reporter à la notion du sûtrâtmâ : le lien, envisagé alors dans toute son extension , est ce qui les unit, non seulement entre eux, mais aussi, redisons-le encore, à leur Principe même de sorte que, bien loin d’être encore une entrave, il devient au contraire le moyen par lequel l’être peut rejoindre effectivement son Principe et la voie même qui le conduit à ce but.

 

Dans ce cas, le fil ou la corde a une valeur proprement « axiale » et l’ascension à une corde tendue verticalement peut, tout comme l’ascension à un arbre ou à un mât, représenter le processus de retour au Principe.


D’autre part, la connexion avec le Principe par le sûtrâtmâ est illustrée d’une façon particulièrement frappante par le jeu des marionnettes : une marionnette représente ici un être individuel, et l’opérateur qui la fait mouvoir au moyen d’un fil est le « Soi » ; sans ce fil, la marionnette demeurerait inerte, de même que, sans le sûtrâtmâ toute existence ne serait qu’un pur néant, et, suivant une formule extrême-orientale, « tous les êtres seraient vides »."

 

Marionnettiste.jpg

 

Qu'en pensez-vous ?

Est-ce que cette "autre interprétation" suscite un écho en vous ?

 

La Licorne

 

(*) On peut aussi penser à "l'arbre généalogique" qui est l'expression des "liens" qui unissent les personnes d'une même famille. L'arbre du rêve peut être "l'arbre des ancêtres" ou celui...de toute l'humanité.

Ce n'est pas par hasard qu'on parle de "fil" iation...

Les liens généalogiques sont, comme les autres, "ambivalents"...ils "unissent" et, en même temps, "enchaînent"...

 

(**) Je ne sais pas pourquoi, mais pour "monter dans l'arbre", c'est le nom de cet auteur qui m'est venu... :o)

 

 

A l'instant où tu es venu au monde, une échelle est devant toi.

Cette ascension n'est pas celle d'un homme vers la lune

mais celle de la canne à sucre jusqu'au sucre.

Rûmi

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 18:01

 bouddha-3.png

 

Les problèmes vitaux les plus graves et les plus importants

sont tous, au fond, insolubles.

(…)

Ils ne peuvent jamais être résolus,

mais seulement dépassés.

(…)

En observant le processus d’évolution

de ceux qui se dépassaient eux-mêmes

en silence et comme inconsciemment,

je vis que leur destin avait un trait commun :

la nouveauté venait à eux de possibilités obscures,

ils l’acceptaient et se dépassaient grâce à elle.


Et que faisaient ces gens pour réaliser le progrès libérateur ?

Autant que j’aie pu voir, ils ne faisaient rien (wou-wei)

mais laissaient advenir :

ainsi que le maître Lu Tsou l’indique dans notre texte,

la lumière tourne suivant sa propre loi

(…)

Le « laisser advenir », l’action non agissante,

l’abandon de Maïtre Eckhart est devenu pour moi la clé

permettant d’ouvrir les portes qui mènent à la voie :

dans le domaine psychique, il faut pouvoir laisser advenir.

.

 

      C-G Jung

"Commentaire sur le Mystère de la fleur d’or"

.

 

Si j'ai eu envie de vous partager ce texte de Jung vantant le "non-agir"...c'est parce qu'il me semble bien qu'il a un lien avec le rêve que je viens de vous confier...


En effet, pour Jung, l'attitude qui permet de régler les problèmes "existentiels", les problèmes les plus profonds...n'est pas une attitude volontariste, une attitude de maîtrise...ce n'est pas une question de "technique" à appliquer ou d'effort à fournir...c'est bien au contraire une attitude d'acceptation, une attitude réceptive et respectueuse de ce qui "advient" , de ce que la vie nous présente et nous propose.

"Laisser advenir" est une notion-clé de la psychologie des profondeurs. 

 

tao.jpg

 

 

D'après Jung, la volonté, l'action (le "yang") , dans une situation critique et vitale, gagne souvent à laisser la place à une attitude "yin", c'est-à-dire à une attitude plus accueillante, plus passive, plus "féminine", qui va "laisser se dérouler", tout en les accompagnant, les processus naturels de la vie.

Or, qu'y a-t-il de plus  "passif" (en apparence  ) qu'une femme qui se prépare à accueillir  un enfant ?

Que fait-elle pendant neuf mois ? Rien.

Une fois "fécondée", elle se contente de "laisser" la grossesse suivre son cours, de "laisser" l'embryon caché se développer tranquillement à son rythme, à "l'intérieur" d'elle-même...elle sait que ce qui grandit là n'a pas besoin d'intervention directe de sa part, que la "nature" fait bien les choses, et qu'il lui suffit d'être attentive et sereine pour que tout se passe bien, que l'enfant parvienne à terme...et naisse au bon moment et ainsi qu'il est prévu.

Elle est dans une "attente confiante"...elle veille à mener une vie saine et équilibrée - et c'est tout.

 

Or, ce qui est vrai "physiquement" pourrait bien être également  vrai "psychiquement" : il semblerait que le développement psychique de l'être soit également un processus "naturel"...dirigé par la vie (et non par notre volonté).


Ce qui nous est demandé pour parvenir à la "totalité" de nous-mêmes, à l'union de nos différentes facettes en un Tout harmonieux et complet , en un "mandala vivant"...c'est peut-être simplement de "laisser les choses se faire", l'évolution naturelle s'accomplir, sans que le Moi ne se mette "en travers" et n'intervienne pour imposer ses vues (en général rationnelles et étroites ).


Ce qui est demandé, c'est que le Moi perçoive et accepte l'existence d'un "ordre" autre que le sien, qu'il accepte de reconnaître l'ordre qui vient du fonds de l'Etre...l'ordre du Soi.


Devant le mystère du Soi qui le "dépasse" infiniment, le Moi doit accepter de ne pas pouvoir tout diriger consciemment... il doit adopter l'attitude de la mère qui sait que son utérus est l'athanor de toutes les transformations et qui sait qu'à l'intérieur, au-delà des peurs et des doutes, le processus d'évolution se déroule - dans le silence et l'obscurité - comme il se doit...

Il doit faire entière confiance à la croissance silencieuse qui s'opère sous la surface, dans l'invisible...et sans lui. 


Ainsi pourra naître l'enfant intérieur, porteur d'avenir et de tous les renouvellements.


Ainsi le "Je du Moi" pourra laisser peu à peu la place au "jeu du Soi" et le laisser ordonner, de façon harmonieuse...ou inattendue, le déroulement du quotidien...et du destin.


La Licorne

 

enfant-interieur

 

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 19:53

reve-écriture

 

Il existe une question récurrente à propos d’interprétation,

c’est l’évaluation de sa pertinence.

Existerait-il des critères de vérité ?


Comme c’est le cas dans les autres écoles analytiques,

l’interprétation est d’abord une hypothèse proposée à l’analysant

puis élaborée à deux.

C’est par l’effet produit par cette interprétation sur l’analysant

que l’on découvre si on a fourni une interprétation utile.

Jung insiste sur la nécessité d’obtenir l’assentiment du patient

à l’interprétation proposée.

 

 

Il arrive qu’un seul rêve soit insuffisant

pour donner lieu à une élaboration suffisamment poussée.

Jung a souvent recommandé de s’attacher

à interpréter des séries de rêves

  dans lesquelles se révèle une dynamique,

une évolution des représentations.


jung et pauli

 

Il a étudié d’abondantes séries de rêves,

notamment dans deux de ses ouvrages importants :

les rêves de Miss Miller

dans « Métamorphoses de l’âme et ses symboles »

et ceux du physicien Pauli

  dans « Psychologie et alchimie ».


Dans ses travaux, il s’est attaché exclusivement

aux images de l’inconscient collectif,

adoptant une attitude opposée à celle qu’il préconise,

comme il le signale lui-même

dans la préface de « Psychologie et alchimie ».

Il faut cependant préciser que ni Miss Miller ni Wolfgang Pauli

n’ont été les patients de Jung.

 

Ce dernier a procédé à une sorte de greffe

des matériaux oniriques recueillis,

comme s’il avait fait ces rêves lui-même,

et il a fourni ses propres associations et amplifications.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’une démarche thérapeutique :

le rêve est devenu dans ce cas un produit culturel

  et le véhicule vivant de la théorie.

. 

Claire Dorly

 "Les territoires du rêve"

.

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 18:10

Photo de Leeloo

En-pleine-lumiere--jpg

 

Seul est en bonne santé l'homme qui, en tant que personne,

est devenu transparent à son Etre essentiel.


En lui-même il a trouvé le sens de sa vie,

la source inépuisable de guérison et de transformation,

celle qui jaillit même de la souffrance.

(...)

 

C'est seulement dans la mesure où l'on comprend

que tout bonheur ou toute souffrance, toute santé ou tout mal-être,

traduisent chez l'homme

le témoignage réussi ou manqué du véritable Etre essentiel

que l'on parviendra à le comprendre et à l'aider d'une façon juste.


Les trois signes royaux qui marquent le sage,

c'est-à-dire l'homme parvenu à intégrer son Etre essentiel.

Il possède le grand abandon, la grande sérénité et le grand amour.


Il a assimilé et fait sienne l'expérience d'une réalité

dont la nature se situe au-delà du spatio-temporel,

au-delà des contraires.


Elle l'a rendu capable de percevoir et d'annoncer la vie dans la mort,

le sens dans l'absurde et, dans la cruauté du monde, un amour supranaturel.

 

La vraie expérience de l'Etre découvre le ressort de la vie humaine,

c'est-à-dire, pour parler en image, sa situation de "citoyen de deux mondes".


En son être essentiel par contre, l'homme est citoyen d'un univers

au-delà de l'espace et du temps.


Centré sur le moi, l'homme se sent chez lui

dans une existence déterminée par l'espace et le temps,

qui se déroule entre la naissance et la mort.


L'Etre essentiel signifie pour nous

le mode de participation individuel de l'homme à l'Etre divin

au-delà de l'espace et du temps.

 

transparence


L'homme vit dans la tension entre sa conscience du moi,

liée à l'existence spatio-temporelle,

et son appartenance à cet Etre auquel participe son Etre essentiel.

Le but de la vie humaine est d'intégrer ces deux pôles,

celui de son moi attaché au monde spatio-temporel

où s'écoule son existence,

et celui de son Etre essentiel enraciné dans l'Etre. 


La maturation consiste à résoudre (et non à dissoudre) cette tension

par une attitude qui, dans sa petite existence,

manifeste la grande Vie surnaturelle, vivante en son Etre essentiel.


Manifester son Etre essentiel dans le "vrai" Soi,

par la transparence de sa vie est la vocation de l'homme.

.

K-G Dürckheim

.

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 21:20

      Vous réalisez que ce n’est pas vous qui vivez votre vie,

mais la vie qui vous vit.

La vie est le danseur et vous, la danse.

.

Eckhart Tolle

.

AlainDelorme Murmuration05

 

Pour l'intelligence de ce rêve, il convient de se souvenir que Priestley venait de travailler à ses pièces sur le Temps et qu'il avait quarante-deux ans. Il cite lui-même cette réflexion du philosophe Whitehead : "Il est impossible de méditer sur le temps et le passage créateur de la nature sans éprouver une indicible émotion devant les limites de l'intelligence humaine."


En travaillant à ses pièces, Priestley devait s'être livré à une méditation de ce genre sur le temps, et les "limites de l'intelligence humaine" devaient lui être devenues évidentes. C'est-à-dire, en langage psychologique, que les limites de l'effort individuel vis-à-vis des grandes lois de la vie -les limites du moi vis-à-vis des images de l'inconscient collectif - lui étaient apparues, tout au moins inconsciemment.


Son rêve formulait la tâche correspondant à la phase de la vie qu'il avait atteinte, à savoir l'obligation de relier consciemment aussi l'individu aux images de l'inconscient collectif. En songe, le "noble spectacle" de "tous les oiseaux du monde", de toutes les idées, de toutes les activités qui sont si essentielles à l'esprit créateur, se transforme soudain en un "aveugle effort biologique dépourvu de signification". Ces activités révèlent leur caractère préliminaire: légitimes dans leur propre sphère et pendant une période limitée de la vie, elles deviennent, à partir d'un certain moment, dépourvues de sens. mais soudain apparaît, derrière ce gaspillage et ce déclin, une signification nouvelle, le sens vrai de l'expérience.

 

santal fumée


Ce n'est plus l'effort individuel qui importe, c'est la "quintessence même de l'être", la "flamme de vie", qui se révèle au regard  chercheur du rêveur. La vie, qui avait perdu toute signification sous son premier aspect, s'est chargée d'un sens nouveau et incorruptible en se reliant au supra-personnel, en se confondant avec l'éternelle flamme de l'existence.


Il n'est guère étonnant qu'en décrivant l'impression que lui laissa ce rêve, Priestley s'exprime ainsi:

"Jamais encore je n'avais éprouvé de bonheur aussi profond que celui que je connus à la fin de mon rêve de la tour et des oiseaux, et si je n'ai pas su garder ce bonheur en moi comme une atmosphère intérieure et un sanctuaire pour le coeur, c'est que je suis un homme faible et sot, qui permet à un monde stupide de l'envahir en piétinant les vertes pousses de la sagesse.

 

Et pourtant, je n'ai plus été tout à fait le même homme depuis. Un songe avait passé au milieu du tourbillon de mes activités."

.

Gerhard Adler "Le moi et le cycle de la vie"

"Etudes de psychologie jungienne"

.

Jung - Liber Novus Page 080

Grande flamme

Peinture de Jung -Livre rouge p 64

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 20:38

Ce qu’on appelle la vie n’est qu’un bref épisode

entre deux grands mystères,

qui n’en font en fait qu’un seul.

.

C-G Jung

.

      Moi.jpg

 

Pendant la première partie de la vie, il s'agit de développer le moi, de le dégager de l'arrière-plan des images collectives originelles, jusqu'à ce qu'au milieu de la vie, il ait acquis une complète indépendance.

Pendant toute cette période, intéressés que nous sommes à l'affirmation de notre personnalité individuelle, nous vivons comme si c'était nous qui faisions la vie, comme si l'expérience de la vie était notre propre invention. Et il faut bien que nous vivions de cette manière, parce que ce n'est qu'ainsi que nous pouvons prendre conscience de notre individualité et devenir des êtres autonomes.

C'est précisément parce qu'au moment de notre naissance notre existence n'est pas du tout différenciée de celle de la matrice psychique collective, qu'il est de notre devoir d'effectuer un redressement en nous attachant à la formation et à l'expression de notre moi individuel.

 

les âges de l'homme

 

 

Mais dès que notre moi est assez fort, la nécessité d'une autre sorte de redressement se fait sentiret c'est alors que nous faisons l'expérience de la couche supra-individuelle de notre personnalité.


Dans la phase antérieure, celle du développement du moi, toute notre expérience était subjective, c'est-à-dire créée et formée par notre moi subjectif.

Plus tard, il nous faut apprendre qu'au sens profond du terme, nous ne "créons" rien subjectivement, mais que le moi individuel, en vertu de sa fonction d'organe percepteur, ne fait que prendre conscience d'un arrière-plan éternel de faits objectifs.

 

Le moment où un enfant parle de lui-même pour la première fois en disant "je", est d'une importance capitale, car c'est l'instant où il fait spontanément l'expérience  qu'il n'est pas simplement identique au monde des objets qui l'entourent.


Quand le moi pleinement développé prend concience des images de l'inconscient collectif objectif, c'est là un moment également décisif; le moi comprend alors que toute expérience n'est pas subjective, qu'il existe un vaste arrière-plan dont il peut appréhender la nature, mais qu'il n'a en aucun sens créé.

On s'aperçoit alors que cet arrière-plan psychique détient la clé du sens réel de la vie.


5-ages-vie


Ceci explique la nature prodigieuse de toutes ces visions de Dieu, de toutes ces "apparitions célestes" si fréquentes, par exemple, chez les prophètes de l'Ancien testament. Ceux-ci commençaient par leur opposer une forte résistance, justement parce que, à première vue, ces irruptions de l'invisible leur semblaient une attaque à l'intégrité de leur moi.

Le danger est en effet très réel, car si le moi, mis en face de ces éléments de l'arrière-plan collectif, est submergé par eux, il ne peut plus faire fonction d'organe récepteur, éclate et se perd dans une psychose.

 

Mais si l'individu, grâce à la force et à la cohésion de son moi subjectif, est capable d'affronter l'apparition du non-moi objectif, il n'y a pas dissolution de sa personnalité. Au contraire, se rendant compte des limites de son moi subjectif, il peut faire l'expérience de l'inépuisable richesse du monde intérieur objectif qui existe au-delà.

 

vieillesse-jeunesse.jpg

 

Le développement humain évolue donc  de la manière suivante : l'être humain passe du stade d'avant le moi, dans lequel il est encore identifié avec la matrice collective psychique, à l'étape du moi qui s'est séparé de cet arrière-plan collectif, et finalement aboutit à un stade situé au-delà du moi;

en d'autres termes, l'évolution se fait d'un non-moi par un moi vers un non-moi, ce dernier différant du premier en ce que la personnalité est capable, à ce stade, de prendre conscience de la matrice collective.

On peut dire que notre chemin nous conduit d'un anonymat inconscient à un anonymat conscient.


C'est à ce dernier stade que Jung applique le terme de "Soi" par opposition au "Moi".

 

chemin-de-vie


Le chemin de la vie conduit donc à la fois en avant et en arrière :

- en avant vers le maximum de conscience du moi;

- en arrière vers le retour à l'unité originelle, mais qui est cette fois consciente.

La figure géométrique décrivant à la fois un mouvement en avant et un mouvement en arrière est le cercle; celui qui progresse selon un cercle retourne à son point de départ.


C'est pourquoi le cercle est le symbole de la vie humaine et de l'éternité.

 

 

Gerhard Adler "Le moi et le cycle de la vie"

"Etudes de psychologie jungienne"

 

cercle-de-zen.jpg 

 

A vrai dire, les petits enfants sont très vieux ;

ce n’est que par la suite qu’ils deviennent plus jeunes. 


En fait, c’est à l’âge mûr que nous sommes les plus jeunes,

précisément à l’époque où nous avons – complètement ou presque –

perdu le contact avec l’inconscient collectif, avec les samskara.


Et nous vieillissons à nouveau

lorsque nous nous remémorons ces samskara

avec les années qui passent. 

.

C-G Jung

"Psychologie du yoga de la kundalini"

.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 20:46

 

Il arrive que certains rêves apparaissent comme étrangers, venus d’un ailleurs inaccessible au travail des associations.

Il est alors intéressant de mettre en résonance ces matériaux oniriques en les rapprochant de motifs analogues tirés de la culture du rêveur puis de thèmes dont l’expression symbolique rejoint celle de cultures plus éloignées. C’est ce que Jung appelle l’amplification.

 

mosquee-egypte-desert

 

Par exemple :

Une analysante rêve qu’elle se trouve dans un désert

et marche sans connaître sa destination.

Elle parvient à un endroit d’où sont en train de sortir de terre

quatre colonnes formant un quadrilatère.

Puis au milieu de ce quadrilatère, un dôme émerge lentement du sol.

Elle se demande s’il ne s’agit pas d’une mosquée.

Mais lors de son récit à l’analyste, elle souligne un paradoxe :

l’architecture apparaît à mesure que le vent disperse les sables,

ce qui lui évoque la mise au jour de bâtiments très anciens,

des fouilles archéologiques.

Mais en même temps, les pierres de ce bâtiment sont blanches,

comme s’il s’agissait d’un ouvrage récemment construit

et qui se dévoilerait comme pour une inauguration, précise-t-elle.

Le rêve ne suscite aucune association personnelle

et rien d’autre que de l’étonnement.


La structure quaternaire associée au cercle contenant du dôme évoque le mandala, représentation de la totalité comme résultant de l’union des opposés. Ce genre de rêves renfermant des éléments de l’inconscient collectif ne survient pas à n’importe quel moment de la vie, mais lorsque les moyens conscients de faire face aux difficultés ont été épuisés. Alors s’activent des représentations provenant d’une couche sédimentaire du psychisme que Jung appelle la psyché objective ou l’inconscient collectif.

 

Dans « L’homme à la découverte de son âme » Jung écrit : « Les rapprochements entre les motifs oniriques types et des thèmes mythologiques permettent de supposer (…) que la pensée onirique est une forme phylogénétique antérieure de notre pensée » (p. 211).

 

Ces éléments symboliques recèlent fréquemment un caractère fascinant qui peut conduire à la fuite de soi-même dans l’inflation psychique. C’est pourquoi les sédiments de cette psyché objective doivent être subjectivés, ramenés au sujet. Le mandala est apparu alors que l’analysante était sous le coup d’une perte professionnelle et dans l’élaboration d’un deuil et elle se sentait désorientée, errant dans le désert sans connaître sa destination, comme l’évoque le début du rêve.

 

Comment reconnaître et distinguer les contenus appartenant à l’inconscient personnel de ceux qui appartiennent à l’inconscient collectif ?


Regardons le rêve fait par une femme de 45 ans qui demande à entreprendre une analyse espérant ainsi s’alléger de la pesanteur d’une enfance blessée et trouver une solution à un conflit conjugal qui s’éternise. Environ un an et demi après le début de notre travail, à l’occasion d’un banal examen médical, on diagnostique un cancer. Elle continue de venir à ses séances malgré la lourdeur des traitements.

 

regard asiatique    

 

Une nuit, elle rêve qu'elle se rend à une fête chez des amis

en compagnie de son mari et de leurs enfants.

Mais elle n’a pas envie de faire la fête, elle ne veut voir personne.

Elle se retrouve dans un dortoir, couchée dans un lit anonyme.

Tout à coup, elle voit une chambre d’enfant tapissée de belles couleurs

dans laquelle tourne un manège.

Un arc-en-ciel surplombe la chambre.

Sur la couette du lit est installé un bébé asiatique vêtu de rouge.

À y regarder de plus près, il ne s’agit pas d’un bébé

mais d’un être humain miniature, une femme aux traits asiatiques.

Suit alors un long échange de regard entre la rêveuse et ce personnage

qui ne parle pas mais dégage une présence attentive et bienveillante

et une chaleur réconfortante.


Les associations évoquent principalement la compassion et l’empathie que la rêveuse ne trouve pas dans son entourage et qu’elle attribue aux religions orientales et au bouddhisme, ainsi que sa difficile quête de sérénité.

manège coloré 

 

La première partie du rêve met en scène la situation actuelle de l’analysante dans la réalité : elle ne parvient pas à trouver sa place dans la vie familiale, elle couche dans le dortoir, n’a pas d’espace propre. La dépression et la maladie physique la détournent d’une extraversion qui rassurerait sa famille ; elle ne veut pas faire la fête, elle s’introvertit.

Et là, il y a un basculement dans le rêve avec l’apparition des couleurs et la présence du manège dont le mouvement de rotation sur lui-même indique que l’on entre dans le temps circulaire de l’inconscient collectif. En effet, le temps circulaire s’oppose au temps linéaire de par l’absence de butée de la mort et le retour cyclique aux origines. C’est le mode temporel du mythe, du sacré et des archétypes de l’inconscient collectif.

 

arc-en-ciel    

 

Quant au personnage assis sur la couette, il condense plusieurs aspects : d’abord la petite fille laissée seule et dont personne n’avait le temps de s’occuper qu’était cette femme pendant son enfance ;

puis l’enfant symbolique du devenir exprimé par la bonzesse miniature dans sa robe rouge, figure emblématique de la sérénité bouddhique.

Puis nous avons aussi l’arc-en-ciel qui symbolise le souhait de faire la paix avec un passé difficile et une situation conjugale sclérosante.

 

Plus que les images, ce qui a frappé l’analysante, c’est l’effet qu’elles ont produit sur elle : une efficacité ne passant pas par les mots mais par ce regard étayant et valorisant que jamais sa mère ni son père n’ont pu poser sur elle. C’est d’ailleurs ce regard qu’elle vient solliciter dans le transfert de la part de son analyste dont le cabinet est tapissé de cette couleur rouge orangé de la tunique des moines bouddhistes…Ceci illustre aussi à quel point la dynamique du transfert irrigue et nourrit le travail.

 

Il existe une question récurrente à propos d’interprétation, c’est l’évaluation de sa pertinence. Existerait-il des critères de vérité ?

 

Comme c’est le cas dans les autres écoles analytiques, l’interprétation est d’abord une hypothèse proposée à l’analysant puis élaborée à deux. C’est par l’effet produit par cette interprétation sur l’analysant que l’on découvre si on a fourni une interprétation utile. Jung insiste sur la nécessité d’obtenir l’assentiment du patient à l’interprétation proposée.

 

dreams.jpg

 

Il arrive qu’un seul rêve soit insuffisant pour donner lieu à une élaboration suffisamment poussée. Jung a souvent recommandé de s’attacher à interpréter des séries de rêves dans lesquelles se révèle une dynamique, une évolution des représentations. Il a étudié d’abondantes séries de rêves, notamment dans deux de ses ouvrages importants : les rêves de Miss Miller dans « Métamorphoses de l’âme et ses symboles » et ceux du physicien Pauli dans « Psychologie et alchimie ». 

 

Claire Dorly  "Les territoires du rêve"

Texte complet ici

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