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  • : GRANDS REVES
  • : Ce blog se veut un lieu où partager au sujet des rêves et plus particulièrement des "grands rêves"... il se propose de recueillir ces derniers, d'en faire la collecte...Pour déposer un rêve, cliquez sur "contact" ci-dessous ou envoyez-le à undeuxtrois4@orange.fr Merci. ATTENTION : LE BLOG A DEMENAGE EN 2015
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www.fabulo.blogspot.com
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Quelques précisions

Se pencher sur les "grands rêves"...drôle d'idée ? Pour quoi faire ? Pour se vanter d'avoir eu un rêve exceptionnel ? Non...surtout pas.

Mais plutôt pour retrouver parmi nous, gens soi-disant "civilisés" du 21 ème siècle, un peu de cette sagesse ancienne qui consiste à ne pas garder pour soi ce qui nous est "tombé du ciel" (ou du Soi)...

Chaque matin, les amérindiens commençaient leur journée en se racontant leurs rêves de la nuit...et ils avaient sans doute bien raison. Ils en tiraient de grands enseignements pour leur vie.

On dit qu'un rêve non recueilli, non interprété, est comme une lettre qu'on a reçue et qu'on n'a pas ouverte...Ouvrons donc ensemble notre "courrier" des profondeurs...et partageons les nouvelles !

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L'or des rêves

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Souviens-toi de tes rêves,

observe-les comme un territoire inconnu

car ils viennent des profondeurs de toi-même,

porteurs d'un conseil, d'un message

ou d'un avertissement.

.

Les rêves spirituels se distinguent

des rêves ordinaires

par l'intensité de leurs couleurs

et la force de l'émotion,

comme l'or se distingue du métal vulgaire.

Ils viennent dans un esprit

capable d'émerveillement,

qui regarde à l'intérieur de lui-même.

.

Sers-toi des rêves pour guérir, aimer

ou soulager ceux qui souffrent.

.

Sagesse amérindienne

.

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 00:44

 seul-dans-le-cosmos.jpeg

 

A mesure que la connaissance scientifique progressait,

le monde s'est déshumanisé.

 

L'homme se sent isolé dans le cosmos, car il n'est plus engagé dans la nature

et a perdu sa participation affective inconsciente, avec ses phénomènes.

Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques.

 

Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu, ni l’éclair de son projectile vengeur.

La rivière n’abrite plus d’esprits, l’arbre n’est plus le principe de vie d’un homme,

et les cavernes ne sont plus habitées par des démons.

 

cosmos-interieur.jpg

 

Les pierres, les plantes, les animaux ne parlent plus à l’homme

et l’homme ne s’adresse plus à eux en croyant qu’ils peuvent l’entendre.

Son contact avec la nature a été rompu,

et avec lui a disparu l’énergie affective profonde

qu’engendraient ses relations symboliques.

 

Les symboles de nos rêves tentent de compenser cette perte énorme.

Ils nous révèlent notre nature originelle, ses instincts et sa manière particulière de penser.

Malheureusement, ils expriment leur contenu dans le langage de la nature,

qui est étrange et incompréhensible pour nous.

.

C-G Jung

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 17:15

 

descartes-je-pense.jpg

 

 

De fait, notre vie, jour après jour,

dépasse de beaucoup les limites de notre conscience et,

sans que nous le sachions,

la vie de l'inconscient accompagne notre existence.

 

Plus la raison critique prédomine, plus la vie s'appauvrit ;

mais plus nous sommes aptes à rendre conscient ce qui est inconscient

et ce qui est mythe, plus est grande la quantité de vie que nous intégrons.

 

La surestimation de la raison a ceci de commun avec un pouvoir d'état absolu :

sous sa domination, l'individu dépérit.

.

 C-G Jung

"Ma vie"

.

excès raison

 

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 13:24

fleur d or

 

Comme une plante produit des fleurs,

la psyché crée ses symboles.

Tout rêve témoigne de ce processus.

.

C.G. Jung

" L'homme et ses symboles "

.

Chacun de nous ne peut éprouver un réel bien-être

qu'en devenant, dès l'âge adulte,

le centre d'un système nouveau,

après n'avoir été, jusque-là,

qu'une particule gravitant autour de l'ancien centre

(de la personnalité).

.

C. G. Jung - "L'âme et la vie"

.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 17:38

Feu du soir

 

Je ne confesse aucune « croyance ».

Je sais qu’il est des expériences

auxquelles on se doit d’accorder une attention « religieuse ».

Il existe beaucoup de sortes d’expériences de ce type.

À première vue, le seul caractère qui leur soit commun,

c’est leur numinosité,

c’est à dire leur émotionnalité saisissante.

.........

... 

La numinosité particulière de chaque archétype reste un fait,

et constitue sa valeur lorsqu'il se présente à l'esprit d'un individu.

Il faut garder cette valeur affective présente à l'esprit,

et en tenir compte pendant tout le processus intellectuel

d'interprétation des rêves.

On ne perd que trop facilement le contact avec elle,

car penser et sentir

sont deux opérations si diamétralement opposées

que l'une exclut presque automatiquement

les valeurs de l'autre et vice-versa.

La psychologie est la seule science qui doit tenir compte de la valeur,

c'est-à-dire du sentiment,

parce que c'est le lien entre les faits psychiques et la vie.

C'est pourquoi elle est souvent accusée de n'être pas scientifique.

Ce que ses critiques ne comprennent pas,

c'est la nécessité scientifique et pratique

de donner au sentiment la considération qui lui est due.

.

C-G Jung

.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 23:12

miroir

 

...On voit des gens, principalement introvertis, qui ignorent tout de la réalité de l'inconscient,

et qui peuvent cependant passer des heures à penser dans le moi, à leur moi.

Ces gens viennent parfois à l'analyse avec une conscience extrême du caractère de leur ego.

Ils connaissent vraiment leur propre personnalité consciente de façon étonnante.

Personne évidemment ne peut la connaître entièrement,

mais ces personnes ont vraiment et honnêtement essayé de réfléchir sur elles-mêmes. 

 

Même de nos jours, la plupart des gens croient encore

que devenir conscient de soi signifie penser, méditer sur le thème "Comment suis-je ?".

C'est pourquoi on entend si souvent dire que l'analyse et la psychologie sont égocentriques

et que l'on ne devrait pas ruminer ces choses, mais plutôt travailler à aider les affamés.

miroir_small.jpg

    Toutefois, ce reproche est sans objet : réfléchir sur le moi serait en effet tout à fait stérile;

ce serait, à mes yeux, imiter le chien qui essaie d'attraper sa propre queue.

La véritable connaissance de soi-même est la connaissance de la psyché objective

telle qu'elle s'exprime dans les rêves et les autres manifestations de l'inconscient.

Ce n'est qu'en observant nos rêves, par exemple,

que nous pouvons voir ce que nous sommes vraiment ;

ce sont eux qui nous le disent.

 

Méditer sur eux est un effort vers la connaissance de soi ;

cela est scientifique et objectif car ce n'est pas dans l'intérêt du moi,

mais pour découvrir "ce que je suis" en réalité.

C'est une connaissance du Soi,

de la personnalité plus large, telle qu'elle est objectivement.

.......

rever.jpg

 

Le rêve qui vient dans le sommeil est toujours

comme un message issu de ce même centre intérieur, le Soi.

Chaque rêve est cela, et l'auteur de la lettre est toujours le même,

c'est le Soi, ou la chose unique, le quid.

 

C'est pourquoi, à force d'éprouver ces réactions en rapport avec l'étincelle venue des rêves,

on devient progressivement conscient de la nature de celui qui envoie les messages nocturnes

- on se rend constamment compte de la présence et de la réalité du Soi.

Cela procure au moi la paix de l'esprit.


garcin 8    

Si, par exemple, vous tombez dans une situation extérieure embrouillée et difficile,

vous vous en inquièterez un moment, mais vous vous direz bientôt

que vous allez attendre pour voir ce que l'inconscient, ou le Soi, en dira.

 

Vous avez donc une seconde source d'information.

Vous n'avez pas à suivre toujours votre propre opinion,

ce qui donne au moi une attitude de patience et une certaine continuité,

car il attend d'entendre ce qui lui viendra de la source intérieure de connaissance

et qui lui permettra de se confronter avec la situation impossible

au lieu de s'agiter comme une souris affolée.

 

Comme le dit Jung, le moi a toujours tendance à croire

qu'il doit "veiller à ce que les cerises aient des queues".

La relation avec le Soi apporte donc un certain calme et la constance.

.

Marie-Louise Von Franz

" Alchimie et imagination active"

.

Vidéos de Guy Corneau :

"A la recherche du Soi"

"Le moi, l'ego, le Soi"

.

CHEMA-MADOZ-62

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 19:18

mandalajung.jpg

 

En fait, les rêves sont des produits de l'âme inconsciente;

ils sont spontanés, sans parti pris,

soustraits à l'arbitraire de la conscience.

Ils sont pure nature, et, par conséquence,

d'une vérité naturelle et sans fard;

c'est pourquoi ils jouissent d'un privilège sans égal

pour nous restituer une attitude conforme

à la nature fondamentale de l'homme,

si notre conscience s'est éloignée de ses assises

et embourbée dans quelque ornière ou quelque impossibilité.

.

Méditer ses rêves, c'est faire un retour sur soi-même.

Au cours de ces réflexions,

la conscience du moi ne médite pas sur elle seule;

elle s'arrête aux données objectives du rêve

comme à une communication ou à un message

provenant de l'âme inconsciente et unique de l'humanité.

On médite sur le Soi et non sur le Moi

sur ce soi étranger qui nous est essentiel, qui constitue notre socle

et qui, dans le passé, a engendré le moi;

il nous est devenu étranger, car nous nous le sommes aliéné

en suivant les errements de notre conscience."

.

C-G Jung

.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 11:21

couple-Kirikou-et-Karaba.jpg

 

Marie-Louise Von Franz, collaboratrice de C-G Jung pendant trente ans, s'est particulièrement intéressée aux contes et à leur symbolisme. Sur ce thème, elle a écrit, entre autres,  "La femme dans les contes de fée".


Voici le début de la conclusion de ce livre : 

"Ces pages ont cherché à mettre en lumière la façon dont le Principe féminin se reflète dans les contes de fées. Elles ne prétendent pas apporter de réponse aux multiples questions que les femmes se posent aujourd'hui, mais, par une meilleure connaissance de leurs fondements psychologiques, elles voudraient aider à les bien poser.

 

On a vu que le rôle prépondérant que les contes attribuent à la sorcière traduit le refus, dans nos sociétés, du Principe Féminin rendu, par là même, négatif. Gardienne du seuil, la sorcière incarne la peur de la vie et de son mystère, la crainte de l'inconscient qu'il faut consentir à affronter pour entrer dans l'aventure intérieure.


Le but ultime que nous proposent les contes correspond à ce que Jung a nommé l'individuation, cette réalisation de la totalité psychique, union des deux principes, masculin et fémininCette union apparaît, entre autres, dans l'image de l'union du roi et de la reine qui conclut nombre de contes..."

mariage princesse

.

Et en voici un autre extrait :

 "Dans notre civilisation judéo-chrétienne, c'est-à-dire dans une tradition strictement patriarcale, l'image archétypique de la femme ne figure pas (...). Il en résulte que, d'une part, l'anima de l'homme est négligée, et que, d'autre part, la femme est incertaine quant à sa propre essence; elle ne sait ni ce qu'elle est, ni ce qu'elle pourrait être.

(...)

Dans une structure matriarcale (...), les femmes ont une confiance spontanée en leur nature féminine (...). Elles ont une assurance toute naturelle dans leur existence et leur comportement humains.

.

visage de femme dans un arbre

L'auteur dit aussi, à la toute fin du livre :

"Des germes de changement dans l'attitude collective apparaissent sous la forme de l'intérêt croissant porté à l'irrationnel, à l'inconscient, à l'aspect Eros qui est celui du principe féminin. Les thèmes que l'on voit se développer dans ce sens sont, entre autres, ceux de l'écologie et du retour à la nature, et surtout de l'expérience immédiate vécue sans référence à des grilles d'évaluation préexistantes. Ce ne sont là, évidemment, que des indices, des amorces de transformation.

Leur valeur et leur portée dépendront de ce qu'ils seront ou non intégrés et de ce que l'on ne se contentera pas de les garder au stade de vélléités, de réactions inconscientes qui seraient à leur tour, unilatérales.

Tout individu, homme ou femme, qui travaille à produire en lui-même l'union du principe féminin avec le principe masculin apporte sa pierre à la construction d'un ordre nouveau."

.

Marie-Louise Von Franz - "La femme dans les contes de fée"

.

J'avoue avoir cet espoir un peu "fou" que le rêve que j'ai fait ("Terre qui lève") annonce la possibilité d'un changement réel...d'une sorte de "réveil" du Principe féminin qui permettrait cet ordre et ce monde nouveau, monde dans lequel les valeurs masculines seraient enfin rééquilibrées par les valeurs féminines...

.

La Licorne

.

P-S :  - Sur le même thème, il peut être intéressant de relire le grand rêve que Jung fit à l'âge de quatre ans (ici) et qui parle d'un phallus souterrainement "mis sur un trône"...il s'agit, je crois, de la prémonition du "problème central" de notre société : si l'on va "au fond des choses", on rencontre partout le "règne" (dévorateur) du Principe masculin...

 

- Lire aussi ce texte : Animus aime Anima

Ou cette page :  Une femme, une vraie, un homme, un vrai...

Ou encore cet excellent article :   Yin-Yang cerveau droit cerveau gauche

Et celui-là : La femme et le génie

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 13:52

rêve 5-copie-1

 

Rêver n'est pas dormir,

mais veiller, se déplacer, agir, vivre autrement.

Considère le monde des rêves comme un second monde,

avec ses lois, ses personnages, sa réalité.

Ton esprit n'est pas enfermé dans ta conscience de tous les jours. 

Il s'étend sur deux mondes à la fois,

au même moment, à chacun des instants de ta vie.

.

Sagesse amérindienne

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:57

imagination

 

On peut difficilement penser,

quand on s'est fait une idée de la variabilité infinie des rêves,

qu'il puisse jamais exister dans ce domaine une méthode,

c'est-à-dire une marche à suivre, techniquement précise,

capable de conduire à un résultat infaillible.


Le mieux que l'on puisse faire est de traiter le rêve

comme un objet totalement inconnu :

on l'examine sous toutes ses faces, 

On le prend en quelque sorte en main et on le soupèse,

on le porte avec soi, on laisse courir son imagination,

on le confie à d'autres personnes.

 

Les primitifs racontent toujours les rêves qui les ont impressionnés,

si possible devant la tribu assemblée :

cet usage était encore accrédité à la fin de l'antiquité,

tous les anciens accordant au rêve une signification auguste.

.

C-G Jung

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 20:37

 

street_art_64.jpeg

 

Le faiseur de pluie


Dans son introduction au Yi King (traduction française d’Etienne Perrot),

Jung rapporte un témoignage de son ami sinologue Richard Wilhelm :

la région de Chine où il séjournait fut frappée d’une sécheresse catastrophique.


Au comble du désespoir, les chinois firent appel aux services «paranormaux»

d’un faiseur de pluie : un vieil  homme émacié,

qui ne souhaita qu’une chose pour accomplir son office :

qu’on mette à sa disposition une maison isolée et tranquille.

Il s’y enferma trois jours, et le quatrième, les nuages se firent denses, 

et il y eut une forte chute de neige, en grande quantité,

à une saison qui n’était pas pourtant celle de la neige.


Emerveillé et fortement impressionné, Richard Wilhelm demanda au vieil homme

comment il avait ‘‘fait’’ la neige.

Celui-ci lui répondit contre toute attente qu’il n’en était pas responsable.

Il avait simplement constaté que le pays tout entier était en désordre intérieur

et qu’il se retrouvait dés lors lui-même affecté par ce désordre.


‘‘Aussi la seule chose que  j’avais à faire était d’attendre trois jours

jusqu’à ce que je me retrouve en Tao,

et alors, naturellement, le Tao fit la neige’’.

.

C-G Jung

. 

Comprenez que, pour Jung, cette histoire qu’il nous raconte n’est pas une jolie fable, mais un fait réel dont son ami sinologue, Richard Wilhelm a été le témoin objectif, dans la Chine encore traditionnelle du début du XX ème siècle, bien que notre science rationnelle occidentale n’y puisse rien comprendre. Et c’est la réalité, pour Jung, de cette histoire qui fait précisément à ses yeux, toute son importance, au point qu’il conseillait toujours à ses élèves de commencer par son récit lorsqu’ils devaient faire des conférences pour présenter la voie des profondeurs.


Jung découvre en effet dans cette histoire un témoignage saisissant de la synchronicité qu’il définit comme  une relation a-causale entre des phénomènes qui n’appartiennent pas au même registre du réel. 

 vieil-homme-chinois

 

Le faiseur de pluie – figure haute en couleur de la Chine taoïste traditionnelle que la chape de plomb rationaliste du maoïsme a fait totalement disparaître – vit manifestement l’univers (y compris dans sa réalité physique) comme un ‘‘unus mundus’’, comme disent les alchimistes, c’est-à-dire comme un monde un.


Il y a un seul monde : tous les registres du réel sont en synchronicité, c’est à dire les uns AVEC les autres, la sécheresse qui est un état physique de la matière, AVEC le désordre du pays qui ici est manifestement pour le faiseur de pluie un état psychique. Mais qu’est-ce que l’ordre ? C’est précisément la situation dans laquelle le monde et les êtres sont dans l’AVEC. 

 

Le Tao est en effet fondamentalement le principe de l’Avec selon la pensée chinoise : il est le Yin, le féminin, avec le Yang, masculin, le Yang avec le Yin. Toutes les relations sont harmonieuses lorsque les deux énergies féminine et masculine sont dans l’Avec, en communion. Le Tao est analogue à la notion jungienne du Soi, conjonction du féminin et du masculin, centre de l’être à partir duquel tout se réunit et s’harmonise.


Tao terre  

 

Notre civilisation moderniste occidentale qui sépare radicalement les registres extérieur et intérieur, la matière et la psyché ne peut tout simplement pas penser ce principe. Et dès lors celui-ci ne peut lui apparaître dans son opérationnalité. Lorsque le terrible tsunami est venu frapper l’Asie en décembre 2004, le moins que l’on puisse dire est que les discours occidentaux n’ont pu  spontanément l’associer à un désordre dans le psychisme de nos contemporains. 

Certes, on a pu très vite comprendre qu’il existait un rapport physique de cause à effet entre ce phénomène naturel et le réchauffement climatique de la planète, et reconnaître que celui-ci est lui-même  l’effet écologique désastreux du développement économique exponentiel du capitalisme mondialisé.

 

Mais la science occidentale répugnerait à lier cet évènement avec le désordre psychique qui affecterait l’humanité, car la psyché et les problèmes psychologiques des individus relève d’un autre registre du réel que celui de l’écologie. Le logos scientifique occidental ne peut en effet approcher le réel que sur le mode d’un principe de causalité linéaire selon lequel un phénomène serait toujours mécaniquement produit par un enchaînement d’autres qui sont tous sur le même registre que lui : dans l’exemple que j’ai choisi le registre est écologique, concerne la façon dont la «matière» en quelque sorte écologique de la Terre est affectée.


Tao-neige.gif

 

‘‘Comment avez-vous produit la neige ?’’, demande ainsi Richard Wilhelm en bon européen causaliste ! Le Chinois répond qu’il ne peut pas être responsable de la neige, mais seulement de l’ordre qui existe à l’intérieur de lui-même : si, dans un univers en désordre, je me mets en ordre à l’intérieur de moi (en me centrant sur le Tao, le Soi), synchronistiquement, c’est à dire sans lien causal, cela peut favoriser l’émergence d’un ordre harmonieux dans ma réalité extérieure.


Entendons bien ce que signifie «sans lien causal» : quoique je fasse, je ne suis pas maître de cette évolution ; ce n’est pas moi qui la produit, qui la contrôle ou qui peut la programmer. Elle est le fait du Tout Autre, du Tao qui lui seul, pour ainsi dire, sait le chemin que je dois suivre pour approcher de l’harmonisation de toute chose.

.

Pierre Trigano et Agnès Vincent

"Le réel est synchronicité"

.

 

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